Le vitrail : verre mince ou dalle de verre ?

Notre vingtième siècle a connu mille et une révolutions techniques dont deux, dans l’immédiat, nous concernent ici : le béton armé et le vitrail en dalle de verre.

Le béton armé est le matériau de construction qui aura détrôné, d’une manière générale, tous ses prédécesseurs tels le bois, le pisé, la brique, toutes les sortes de pierres et jusqu’aux grandes constructions métalliques du siècle précédent. Soumises, en effet, à la chaleur intensive des incendies, les charpentes de fer apparent ne tardent pas à s’écrouler, fondant comme neige au soleil, tout comme brûlaient autrefois les colombages des maisons anciennes.

Le béton, lui, enrobe les armatures métalliques qu’il contient et leur apporte, du même coup, l’isolation thermique qui manque au métal tout seul pour résister à la chaleur des embrasements. C’est ainsi que la combinaison des fers et du ciment a enfin permis aux architectes de se livrer à des créations d’une audace qu’ils n’auraient jamais pu se permettre auparavant.

Entrés dans la technologie du béton armé, la plus économique qui soit en matière de coûts, les architectes qui ont construit les églises de nos après-guerres se sont intéressés, dès son invention dans les années trente, à un nouveau type de vitrail, celui fait de dalles de verre de toutes les couleurs, épaisses de 25 millimètres environ et serties dans d’aussi épais joints de ciment véritablement armé.

Auparavant, tous les vitraux conçus depuis des siècles par des générations de maîtres-verriers à l’ancienne, avaient été réalisés à l’aide de morceaux de verre mince, de 2 à 3 millimètres d’épaisseur, amplement décorés en surfaces par toutes sortes de procédés appris de leurs maîtres et compagnons, puis sertis dans des joints de plomb de largeurs uniformes et toujours extrêmement malléables. Les surfaces ainsi réalisées étaient d’une grande fragilité, obligatoirement planes et devaient être solidement arrimées à des bâtis métalliques scellés dans les ouvertures des fenêtres destinées à les accueillir. Ils devaient en outre être protégés des moindres projectiles par des grillages assez disgracieux en extérieurs. Enfin ils manquaient cruellement d’étanchéité contre les rigueurs du climat.

Pour les architectes du béton armé, le vitrail en dalle de verre s’est tout de suite avéré parfaitement adapté à leur technique. Il permettait de construire d’une seule pièce, et de toutes formes qu’il leur plairait d’imaginer, des panneaux de ciment armé d’une bonne épaisseur, d’une rigidité parfaite et d’une excellente isolation thermique. En outre et du fait de leur robustesse, ils ne nécessitaient plus de grillages extérieurs de protection.

De plus, la plasticité avant sa prise du ciment constituaConstruction d'un vitrail en datte de verrent les joints des éclats de dalles de verre a très vite permis au maître-verrier de s’affranchir de toutes contraintes de planéité : il a bientôt pu, sur des bâtis préfabriqués en bois, couler des vitraux concaves, convexes ou même hémisphériques, en forme de dômes !

Enfin, un dernier avantage du vitrail en dalle de verre est que, malgré son épaisseur et par rapport au verre mince, il gagne énormément en luminosité du fait qu’il ne nécessite pratiquement plus, pour sa décoration, de surcharges de peintures qui opacifient toujours le verre. Il reçoit donc toute la lumière du jour en pleine transparence.

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